La rénovation du congé parental est nécessaire mais cette juste exigence, le Gouvernement l’instrumentalise, au nom du principe d’égalité entre les sexes. Il feint de vouloir accorder un congé paritaire aux deux conjoints, soit 18 mois chacun, sans augmentation de l’indemnité qui s’élève à 566€.
Salariées souvent précaires, les femmes perdent en moyenne 10% de leur petite paie durant le congé parental. Le piège se referme sur elles d’autant que, souvent, le conjoint gagne davantage qu’elles. Le non-choix de « qui prend le congé ? » s’impose donc au couple. Le Gouvernement sait parfaitement que, face à l’inégalité criante des salaires, quel père peut s’arrêter de travailler 18 mois sans conséquences lourdes pour le budget familial ?
L’exécutif, si prompt à prendre en exemple d’autres pays européens pour faire passer la pilule de l’austérité, oublie de dire que celui ou celle qui prend un congé parental perçoit en Allemagne 67% de son salaire net et en Suède 80%.
L’évolution des mentalités passe par une politique sociale qui, certes, a un coût mais développe l’épanouissement de chacun-e. Il faut augmenter l’indemnité du congé parental, créer 390 000 places de crèches, mettre en place un véritable service public de la petite enfance et impulser une vraie politique d’égalité professionnelle. Pour y parvenir, nous avons des solutions : le Gouvernement doit avoir le courage politique de s’en prendre aux 25 milliards d'euros annuels de fraude aux cotisations patronales.